OVER THE REAL | FESTIVAL INTERNATIONAL D'ART VIDÉO
(ITALIE)

Vendredi 16 mars | 17h
Espace municipal Georges-Conchon • Rue Léo-Lagrange

Entrée libre

Over The Real

Le festival Over The Real - Videoart International Festival – est né en 2015 sur une idée de Maurizio Marco Tozzi et Lino Strangis. Le festival propose un panorama, qui se veut le plus complet, de la création artistique vidéo de ces dernières années. Tous les ans, les vidéos sont sélectionnées par des commissaires de renommée internationale : Veronica D'Auria (C.A.R.M.A. - Rome), Alessandra Arnò (Visual Container – Milan), Adonay Bermudez (Spain), Gabriel Soucheyre (VIDEOFORMES – France). Les projections se déroulent à la galerie d’art moderne et contemporain «Lorenzo Viani» de Viareggio (Italie). Le festival présente aussi des installations, des performances multimédias, des ateliers et des
rencontres avec artistes et experts.

overthereal.com

Maurizio Marco Tozzi

Maurizio Marco Tozzi a concentré ses recherches sur le langage audiovisuel et la relation entre la créativité et les nouvelles technologies. Il est diplômé en Cinéma et Image Électronique de l'Université de Pise (Italie) et possède un Master en Net Art et Cultures Numériques de l'Académie des Beaux-Arts de Carrare (Italie).
Fondateur et directeur de Over The Real - International Festival d'art vidéo (GAMC Lorenzo Viani - Viareggio), il organise des expositions dans des galeries et des musées, participe régulièrement à des conférences et des débats sur l'art contemporain. Ses derniers essais parus : Gianni Melotti, art / bandes / 22 bandes vidéo (Giunti éditeur, 2017), L'art vidéo italien (éditeur Danilo Montanari, 2016), et Interaction transparente avec des œuvres d'art publiées dans Media Art vers une nouvelle définition des arts à l'ère de la technologie (éditeur Gli Ori, 2015).

Les films

La sélection vidéo proposée par Maurizio Marco Tozzi (curator) est un florilège des créations les plus intéressantes sélectionnées durant les trois dernières éditions du festival Over The Real. Une sélection des artistes qui ont contribué à faire évoluer l’esthétique et la sémantique dans le langage de l’art vidéo. Les œuvres illustrent soigneusement un monde plein de solitude, de violence, de chocs économiques et appellent le public à se questionner sur les termes de conscience, de nouvel équilibre dépassant les seuils de la perception et de la dimension espace-temps. Quelque chose de profond semble se produire dans les méandres de la condition humaine et, parfois, une simple respiration peut faire changer les choses.

Untitled / Angelica Bergamini / Italie/USA / 2016 / 2'22
Angelica Bergamini est particulièrement intéressée par ce qui se trouve au delà de la conscience. C'est avec son œuvre Untitled qu'elle nous démontre cet intérêt en tentant de nous donner un aperçu de l'inconscient.
« Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin » - C.G.Jung

Walk on water / Alberta Pellacani / Italie / 2016 / 3'22
Des tâches, à l'aspect similaire à des nuages verts à l'horizon d'un plan visuel, s'inclinent puis s'en vont comme des acteurs sur une scène. L'écoulement des palimpsestes et des traces naturelles du territoire, à la frontière de la nature et de la civilisation, se fond en fragments comme la fragilité indéfinie des hommes. La vidéo est une recherche phénoménologique sur l'essence immédiate de l'image. Une méthode d'investigation comme la liberté et l'ouverture à la compréhension de la volonté des autres. La vidéo est une pratique d'examen visuel qui se penche sur la compréhension de la volonté des autres, des palimpsestes naturels et des sites construits, en constante dystonie / harmonie.

Spiraea / Sofia Bersanelli /  Italie / 2017 / 8'49
La Spirée est une plante qui vient du sud-est de l'Asie. Dans le langage populaire elle est également appelée « La reine des prés ». À travers un itinéraire visuel visant à disséquer les nombreuses apparences que peut prendre la nature, cette œuvre montre le début d'une prise de conscience grandissante via un monologue plein de poésie et de joie. Quelque chose de profond semble se produire dans les méandres de la condition humaine.

Pneuma / Antonello Matarazzo / Italie / 2015 / 2'33
De façon similaire à Karma 1, présenté lors de la 54ème Biennale de Venise, Pneuma (souffle) analyse la limite entre immobilité et transformation en mettant en lumière la lente mutation d'un vieil olivier. Cette mutation se retrouve dans les détails présents sur le tronc de l'olivier comme elle pourrait se retrouver sur le visage d'un vieux fermier. Parmi le règne végétale, l'écorce d'olivier est peut être l'écorce dont le nombre de formes est le plus varié, on pourrait dire de cet arbre qu'il est presque un équivalent anthropomorphe au visage ridé d'un vieux fermier. La fusion entre le visage du fermier et les formes sinueuses de l'écorce est une métaphore des sacrifices que ces deux formes de vies doivent constamment réaliser tout au long de leurs vies. Ces formes organiques aux valeurs symboliques importantes se retrouvent absorbées par l'inépuisable cycle de la nature où tout se transforme mais rien n'est véritablement détruit.

Helix Aspersa / Isabel Perez De Pulgar / Espagne/France / 2016 / 6'04
« Le temps n'est autre chose que la forme du sens interne, c'est-à-dire de l'intuition de nous-mêmes et de notre état intérieur. En effet, le temps ne peut pas être une détermination des phénomènes extérieurs, il n'appartient ni à une figure, ni à une position, etc. ; au contraire, il détermine le rapport des représentations dans notre état interne. Et, précisément parce que cette intuition intérieure ne fournit aucune figure, nous cherchons à suppléer à ce défaut par des analogies et nous représentons la suite du temps par une ligne qui se prolonge à l'infini. »
KANT, Critique de la raison pure, Esthétique transcendantale, première section.

Provvisorio/Interim / Eleonora Manca / Italie / 2017 / 2'36
Nous nous habillons à chaque instant d'une seconde peau, officiant à la fois comme support et comme endroit. Celle-ci nous enveloppe dans un cocon qui représente quelque chose dont on ne se séparera jamais. Quelque chose qui semble temporaire mais qui en réalité module encore et encore chaque souvenir, chaque instant. Les mots, le fait de marcher, de tisser et d'entrelacer les souvenirs : tout est provisoire, comme un écho nous parcourant de l'intérieur. Ce flou qui caractérise le passé, le présent ainsi que le future ne semble présenter aucune continuité. Examiner les traces temporaires de cette métamorphose n'est qu'un prétexte pour étudier les malentendus et les contradictions de la mémoire elle-même.

Red Coin (Chinese Blood) / Ubermorgen / Autriche/Chine/États-Unis / 2015 / 9'50
Le minage de Red Coin a récemment fait de la République populaire de Chine le plus gros producteur mondial de Bitcoin. Ce minage requiert de l'énergie mais il commence peu à peu à s'accélérer et à produire les crypto-monnaies à une vitesse similaire à celle à laquelle on extrait du sol l'or, le cuivre, le diamant, le nickel, les terres rares, l'argent, l'uranium ou encore le zinc. Cette croissance rapide est en parti expliquée par le développement d'usines hydroélectriques dans l'ouest du pays. Les premières fermes à crypto-monnaies dont la production se compte en petahash par seconde furent construites dans la province de Shanxi ainsi qu'en Mongolie-Intérieure, là où le charbon était abondant et bon marché. Cependant le charbon même à bas prix ne peut rivaliser avec l'eau gratuite qui alimente les usines hydroélectriques, en résulte une migration massive des fermes à crypto-monnaies vers l'ouest de la Chine.

370 New World / Marcantonio Lunardi / Italie / 2015 / 5'08
370 New World est une œuvre qui s'attaque à la solitude créée par la crise économique et sociale qui a traversée l'Europe dans son entièreté durant ces dix dernières années. L'isolation humaine qui est montrée au spectateur dans cette œuvre est au coeur de la vie de nombreuses personnes. Se plonger dans la lumière de l'écran d'appareils numériques permet à ces personnes d'oublier les problèmes de la vie réelle. La vidéo se termine sur un homme semant des graines sur de l'asphalte, il cherche ainsi à renouer avec la Terre Nourricière, à se rappeler de notre condition d'animal social et naturel. Cet ensemencement se transforme alors en une lutte contre l'asphalte sur lequel se tient une usine abandonnée, symbole de la décadence économique et industrielle. Nous savons qu'il n'y a pas d'autre choix éthique que celui symbolisé par le combat de ce paysan, mais nous ne savons pas si ce combat inégal peut être gagné.

Sky Pacers / Jing Wang and Harvey Goldman / Chine/USA / 2016 / 8'10
C'est lorsque la sérénité du grand vide croise la fureur du cosmos, lorsque les mécaniques quantiques font face à la théorie de la relativité, quand elles se dandinent sur la pointe des pieds, détalent dans l'agitation et se mélangent en un tourbillon que la Prophétie des Sky Pacers se réalisera! On ne peut échapper à notre destinée cosmique. Cette « musique visuelle » née d'une collaboration entre Jing Wang et Harvey Goldman cherche à produire une expérience s'apparentant à la synesthésie. Le public est invité à « voir » la musique et à « entendre » les images. Les éléments sonores et visuels de cette œuvre ne sont en aucun cas hiérarchisés, ils sont mélangés de manière à créer une union réelle entre son et image. Les auteurs se sont inspirés d'un ancien poème chinois intitulé Song of the Star Pacers ainsi que des citations suivantes : « Que la terre perdant son équilibre s'écarte de son orbite, que les planètes et le Soleil courrent sans règles à travers les cieux », Alexander Pope, Essai sur l'homme.
« Quand les étoiles jetèrent leurs lances et baignèrent le ciel de leurs larmes », William Blake, The Tyger.

0 and 1 / Ivan Gasbarrini / Italie / 2015 / 7'33
Haut et bas, chaleur et froid, passé et futur, matière et anti-matière, Yin et Yang. L'éternelle dialectique de l'opposition complémentaire finit toujours par atteindre l'unité entre les opposés. L'équilibre qui en résulte donne ainsi naissance à l'harmonie de toutes choses et à la répétition des formes. Cette œuvre nous offre une réflexion sur les origines et les limites de la représentation de l'opposition complémentaire en traduisant l'ancienne symbologie utilisée pour décrire cette opposition par les chiffres 0 et 1 employés dans le système binaire moderne.

Running in sub-atomic meditation / Lino Strangis / Italie / 2017 / 4'06
Ce film nous présente une race dont le corps est virtuel. Leur méditation leur permet de pénétrer la réalité subatomique, cette énorme masse qui constitue la structure de l'existence toute entière mais que les humains ne peuvent percevoir. Il s'agit d'une tentative de visualiser la possibilité de dépasser la frontière entre perception et espace-temps, d'aller au-delà, de s'aventurer dans ce territoire encore vierge et de révéler de « l'intérieur » ce que les scientifiques essayent actuellement de comprendre à l'aide d'accélérateurs de particules.

Kurgan / Igor Imhoff / Italie / 2013 / 5'04
Le mot « kurgan » veut dire une « tombe ». Cette œuvre présente une scène délibérément hyper-réaliste, réalisée à l'aide de techniques 3D. C'est dans ce contexte que les personnages - deux spectres, ou plutôt deux simulacres de spectres - s'affrontent jusqu'à la dernière particule.

Born / Carmelo Brustia / Italie / 2016 / 6'43
Dans ce film, la matérialisation d'un son est comme une naissance. C'est un murmure modélisant la chair humaine, créant un corps capable de se multiplier par le mouvement. L'externalisation de ce corps est représentée par les différentes robes présentes dans la vidéo, elles sont le résultat d'expérimentations et de fusions de plusieurs matériaux naturels. Ces différents corps ayant vécu l'expérience matérielle de la vie, ils finissent par se réunir afin de créer une conscience nouvelle.